Amours et amitiés

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Capitol city, me voilà !

Capitol city, me voilà !

Ramène-moi à l’endroit où les montagnards sont toujours libres. Je suis sur la route et le paysage me rappelle furieusement la plus nordique des villes du sud (et la plus sudiste des villes du nord). Ma C2 me paraît soudain si petite quand je repense à la Cherokee qui m’emmenait au nid des faucons. Là-bas, je suis la copine que tout le monde veut avoir, avec mon petit accent sexy et mes vingt et un ans accomplis. Je repense à cet endroit où les écureuils ne sont pas farouches et ou je peux rouler plus de trois heures sous le soleil sans sortir du pays. Parkwood road me manque. Soudain je me retrouve dans la salle des pas perdus de Chuck Yeager. Je rassemble mes bagages et je me dirige vers la sortie de ce minuscule aéroport. Le soleil m’éblouit et me réchauffe en même temps (décidément, l’air conditionné, je ne m’y ferai jamais). Je gonfle mes poumons de cet air si différent de celui qui m’entoure d’habitude. Les odeurs sont différentes, les bruits sont différents, la douceur de l’air sur ma peau est différente, le paysage est différent. J’allume une cigarette, même son goût est différent. Une grosse Chrystler Concorde noire s’arrête juste devant moi. Quand la jeune fille en descend un sourire radieux sur le visage, je n’ai pas le temps de réaliser qu’elle me gratifie d’un super méga câlin dont ils sont les seuls à avoir le secret. Mon premier hug de la journée ! Ma petite sœur est plus belle que jamais. Ses cheveux ont tellement poussés depuis la dernière fois que je l’ai vue…. Sur la route qui nous emmène au 1979, elle me raconte l’effervescence que mon arrivée provoque dans la famille. Elle parle si vite, elle oublie que je n’ai pas tenu une conversation digne de ce nom depuis des lustres. Je suis obligée de lui demander de ralentir la cadence. Premier fou rire de la journée ! « Tu verras, me dit-elle, tout le monde est très impatient de te revoir. Chacun s’est arrangé pour rester quelques jours en ville pour avoir l’occasion de passer un peu de temps avec toi ». Je n’en reviens pas, s’ils savaient tous combien j’ai attendu ce moment. Certainement bien plus qu’eux, qui étaient ensemble au moins. Je ferme les yeux, je reconnais mentalement chaque tournant de la route, chaque stop, chaque dos d’âne. Cette route je l’ai tellement faite dans mon esprit, allant parfois vérifier sur Google Earth lors d’un trou de mémoire. Quand j’ouvre les yeux, je peux voir la maison au bout de la rue. Mon cœur se serre. Mes yeux se mouillent. J’étais loin d’imaginer que tout ça me manquait à ce point. Em se gare, je sors de la voiture, elle parle toujours. Je la coupe : « j’ai ma clé, je peux ouvrir ? Je peux ouvrir ? S’te plaiiiiiiiiiiiiit ? ». Deuxième fou rire de la journée. La moustiquaire grince toujours de la même façon. J’entre, je crie à la cantonade : « Salut ! y’a quelqu’un ? ». « Dans la cuisine ! » me répond Mom. Je lâche mon sac, je cours dans la cuisine, et je m’empresse de serrer Mom dans mes bras. Deuxième hug de la journée. « Doucement, je ne peux plus respirer » me dit-elle dans un grand éclat de rire. Je m’assieds sur le tabouret de la cuisine, je regarde autour de moi, rien n’a changé. La nappe arbore toujours ses fleurs passées, les coussins sur les chaises et les tabourets sont toujours verts et satinés, la machine à laver tourne, l’ordinateur est allumé et Watson ronronne dans le divan. Dans le grand salon, il y a toujours ce portrait que j’adore. Quand j’ai appris à connaître Em il y à des années de ça, je pensais qu’il s’agissait d’elle. Dadoo m’a expliqué qu’il s’agissait de Mom à l’époque où elle était dans sa classe. Pour moi, ce portrait reflète toute l’histoire de nos familles. « Ce soir on mange au mexicain en face du centre commercial, on y retrouvera Dad, Heather et Lauren. Dan et Billy nous retrouvent ici pour l’apéro ». Em termine à peine sa phrase que la porte s’ouvre. La voix de Billy résonne dans la maison : « Lily ? Chérie tu es là ? Où es-tu ? Viens ici que je t’embrasse ! » et son rire tonitruant explose mes tympans. Derrière, Dan me regarde en souriant. Troisième et quatrième hug de la journée… Je suis chez moi, la vie est belle. Lily

Capitol city, me voilà !

Ramène-moi à l’endroit où les montagnards sont toujours libres. Je suis sur la route et le paysage me rappelle furieusement la plus nordique des villes du sud (et la plus sudiste des villes du nord). Ma C2 me paraît soudain si petite quand je repense à la Cherokee qui m’emmenait au nid des faucons. Là-bas, je suis la copine que tout le monde veut avoir, avec mon petit accent sexy et mes vingt et un ans accomplis. Je repense à cet endroit où les écureuils ne sont pas farouches et ou je peux rouler plus de trois heures sous le soleil sans sortir du pays. Parkwood road me manque. Soudain je me retrouve dans la salle des pas perdus de Chuck Yeager. Je rassemble mes bagages et je me dirige vers la sortie de ce minuscule aéroport. Le soleil m’éblouit et me réchauffe en même temps (décidément, l’air conditionné, je ne m’y ferai jamais). Je gonfle mes poumons de cet air si différent de celui qui m’entoure d’habitude. Les odeurs sont différentes, les bruits sont différents, la douceur de l’air sur ma peau est différente, le paysage est différent. J’allume une cigarette, même son goût est différent. Une grosse Chrystler Concorde noire s’arrête juste devant moi. Quand la jeune fille en descend un sourire radieux sur le visage, je n’ai pas le temps de réaliser qu’elle me gratifie d’un super méga câlin dont ils sont les seuls à avoir le secret. Mon premier hug de la journée ! Ma petite sœur est plus belle que jamais. Ses cheveux ont tellement poussés depuis la dernière fois que je l’ai vue…. Sur la route qui nous emmène au 1979, elle me raconte l’effervescence que mon arrivée provoque dans la famille. Elle parle si vite, elle oublie que je n’ai pas tenu une conversation digne de ce nom depuis des lustres. Je suis obligée de lui demander de ralentir la cadence. Premier fou rire de la journée ! « Tu verras, me dit-elle, tout le monde est très impatient de te revoir. Chacun s’est arrangé pour rester quelques jours en ville pour avoir l’occasion de passer un peu de temps avec toi ». Je n’en reviens pas, s’ils savaient tous combien j’ai attendu ce moment. Certainement bien plus qu’eux, qui étaient ensemble au moins. Je ferme les yeux, je reconnais mentalement chaque tournant de la route, chaque stop, chaque dos d’âne. Cette route je l’ai tellement faite dans mon esprit, allant parfois vérifier sur Google Earth lors d’un trou de mémoire. Quand j’ouvre les yeux, je peux voir la maison au bout de la rue. Mon cœur se serre. Mes yeux se mouillent. J’étais loin d’imaginer que tout ça me manquait à ce point. Em se gare, je sors de la voiture, elle parle toujours. Je la coupe : « j’ai ma clé, je peux ouvrir ? Je peux ouvrir ? S’te plaiiiiiiiiiiiiit ? ». Deuxième fou rire de la journée. La moustiquaire grince toujours de la même façon. J’entre, je crie à la cantonade : « Salut ! y’a quelqu’un ? ». « Dans la cuisine ! » me répond Mom. Je lâche mon sac, je cours dans la cuisine, et je m’empresse de serrer Mom dans mes bras. Deuxième hug de la journée. « Doucement, je ne peux plus respirer » me dit-elle dans un grand éclat de rire. Je m’assieds sur le tabouret de la cuisine, je regarde autour de moi, rien n’a changé. La nappe arbore toujours ses fleurs passées, les coussins sur les chaises et les tabourets sont toujours verts et satinés, la machine à laver tourne, l’ordinateur est allumé et Watson ronronne dans le divan. Dans le grand salon, il y a toujours ce portrait que j’adore. Quand j’ai appris à connaître Em il y à des années de ça, je pensais qu’il s’agissait d’elle. Dadoo m’a expliqué qu’il s’agissait de Mom à l’époque où elle était dans sa classe. Pour moi, ce portrait reflète toute l’histoire de nos familles. « Ce soir on mange au mexicain en face du centre commercial, on y retrouvera Dad, Heather et Lauren. Dan et Billy nous retrouvent ici pour l’apéro ». Em termine à peine sa phrase que la porte s’ouvre. La voix de Billy résonne dans la maison : « Lily ? Chérie tu es là ? Où es-tu ? Viens ici que je t’embrasse ! » et son rire tonitruant explose mes tympans. Derrière, Dan me regarde en souriant. Troisième et quatrième hug de la journée… Je suis chez moi, la vie est belle. Lily

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