Partageons nos meilleurs souvenirs
La vieille
vendredi 15 mai 2009Nous passions Orléans, et nous savions ma sœur et moi Que le village du Loire et Cher n'était plus très loin, Que nous retrouverions bientôt nos coins et nos recoins, Souvent remplis de nos jeux, et parfois de nos effrois. Un territoire bien à nous, baigné par mille odeurs, Des lieux intacts depuis notre dernière visite. Sous les placards et armoires, nos mégots illicites Et les livres de notre oncle, cachés en profondeur. Des parfums de cuisine inondaient toujours les pièces. Nous humions, depuis notre grenier forteresse, Les desserts à la pistache, mêlée de tendresse, La blanquette et le riz collant, qui me mettaient en liesse. Dans mon lit, la chatte mettait au monde ses petits Et je me réveillais, ameutant toute la maison, Effrayée, dans le noir, par cette curieuse livraison Qui braillait dans un même chœur, criant son appétit. Lorsque certains matins, il faisait froid et humide, C'est sans plaisir que nous nous lavions dans le bac en zinc, Mais quand il faisait chaud, c'était un jeu d'y prendre un bain, Nous inondions tout, petites sorcières intrépides. La grange, au fond de la petite cour, était un mystère, Un endroit fascinant, parfois aussi terrifiant, Nous servant de base pour des récits palpitants, Ou de cachette effrayante et bien vite éphémère. Il y avait, quand elle nous appelait, cet accent dur Que nous, enfants, trouvions étrange mais si mélodieux, Prononcé de son timbre rauque, parfois orageux Quand nous arrivions sans y mettre bonne allure. Karoline et sa vieille maison bicentenaire, Sont le parfum intemporel d'une enfance heureuse, La marque indélébile laissée sur ma vie rêveuse, Un bonheur aussi simple qu'extraordinaire.
La vieille
Nous passions Orléans, et nous savions ma sœur et moi
Que le village du Loire et Cher n'était plus très loin,
Que nous retrouverions bientôt nos coins et nos recoins,
Souvent remplis de nos jeux, et parfois de nos effrois.
Un territoire bien à nous, baigné par mille odeurs,
Des lieux intacts depuis notre dernière visite.
Sous les placards et armoires, nos mégots illicites
Et les livres de notre oncle, cachés en profondeur.
Des parfums de cuisine inondaient toujours les pièces.
Nous humions, depuis notre grenier forteresse,
Les desserts à la pistache, mêlée de tendresse,
La blanquette et le riz collant, qui me mettaient en liesse.
Dans mon lit, la chatte mettait au monde ses petits
Et je me réveillais, ameutant toute la maison,
Effrayée, dans le noir, par cette curieuse livraison
Qui braillait dans un même chœur, criant son appétit.
Lorsque certains matins, il faisait froid et humide,
C'est sans plaisir que nous nous lavions dans le bac en zinc,
Mais quand il faisait chaud, c'était un jeu d'y prendre un bain,
Nous inondions tout, petites sorcières intrépides.
La grange, au fond de la petite cour, était un mystère,
Un endroit fascinant, parfois aussi terrifiant,
Nous servant de base pour des récits palpitants,
Ou de cachette effrayante et bien vite éphémère.
Il y avait, quand elle nous appelait, cet accent dur
Que nous, enfants, trouvions étrange mais si mélodieux,
Prononcé de son timbre rauque, parfois orageux
Quand nous arrivions sans y mettre bonne allure.
Karoline et sa vieille maison bicentenaire,
Sont le parfum intemporel d'une enfance heureuse,
La marque indélébile laissée sur ma vie rêveuse,
Un bonheur aussi simple qu'extraordinaire.





