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Souvenirs de vacances

père et fils sur plage

1961.Les enfants ont huit et trois ans quand nous rallions le Portel au bord de cette mer du Nord rouleuse de coquillages et de souvenirs. Le fort de Heurt et son troupeau de moules dont il est encore tout à fait possible de se régaler! Les surprises de crabes ou d'araignées à crocheter sous les rochers. Le vent du large. L'horizon mouvant. où de notre fenêtre. nous voyons naître les bateaux ou se mourir le soleil. Mon petit bonhomme et ses délices de gratouillis de bestioles vivantes sous les meubles. Ses irremplaçables zézaiements: "a monte ou a redétant?" et puis pour finir. sa rougeole qui nous obligea à retarder notre départ de quelques jours pour un autre bout du monde. une deuxième location faite un peu au hasard et sans précaution. à la Vachette. du côté de Briançon. Quan on eût enfin repéré cet ancien relais de diligence. bien passé à l'eau de javel. vaisselle et planchers. décroché les rideaux qui tombaient en guenilles et en poussière. Je m'endormis la mort dans l'âme au bruit de la Clarée. le torrent qui jouxtait la route en contrebas de la maison. Notre logeuse. la Victoire ne déparait pas dans le décor. épiant de ses mains crochues. les poubelles pour y recenser les éventuels dégâts faits à la vaisselle. Et pourtant nous passâmes là. d'authentiques vacances avec plein de sauterelles et de papillons. une cabane au bord de la Clarée. un livre de lecture aussi pour la bonne conscience des parents. Et puis de longues marches à perte de soirées. quand la montagne devient violette et qu'il faut enfin hisser Pascal sur les épaules de son père.

Souvenirs de vacances

1961.Les enfants ont huit et trois ans quand nous rallions le Portel au bord de cette mer du Nord rouleuse de coquillages et de souvenirs. Le fort de Heurt et son troupeau de moules dont il est encore tout à fait possible de se régaler! Les surprises de crabes ou d'araignées à crocheter sous les rochers. Le vent du large. L'horizon mouvant, où de notre fenêtre, nous voyons naître les bateaux ou se mourir le soleil. Mon petit bonhomme et ses délices de gratouillis de bestioles vivantes sous les meubles. Ses irremplaçables zézaiements: "a monte ou a redétant?" et puis pour finir, sa rougeole qui nous obligea à retarder notre départ de quelques jours pour un autre bout du monde, une deuxième location faite un peu au hasard et sans précaution, à la Vachette, du côté de Briançon. Quan on eût enfin repéré cet ancien relais de diligence, bien passé à l'eau de javel, vaisselle et planchers, décroché les rideaux qui tombaient en guenilles et en poussière. Je m'endormis la mort dans l'âme au bruit de la Clarée, le torrent qui jouxtait la route en contrebas de la maison. Notre logeuse, la Victoire ne déparait pas dans le décor, épiant de ses mains crochues, les poubelles pour y recenser les éventuels dégâts faits à la vaisselle. Et pourtant nous passâmes là, d'authentiques vacances avec plein de sauterelles et de papillons, une cabane au bord de la Clarée, un livre de lecture aussi pour la bonne conscience des parents. Et puis de longues marches à perte de soirées, quand la montagne devient violette et qu'il faut enfin hisser Pascal sur les épaules de son père.
http://micheline84.blogspot.com/

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